Une vague de faux courriers vise les entreprises tout juste immatriculées
Depuis le 28 août 2026, plusieurs créateurs d’entreprise et micro-entrepreneurs signalent avoir reçu, par courrier postal, une mise en demeure réclamant le paiement de 234,17 euros au nom d’organismes aux intitulés officiels : « DGCFFG », « DGARO », parfois accompagnés d’un faux registre des sociétés. Le service de signalement Signal-Arnaques a répertorié une vingtaine de témoignages concordants en quelques jours seulement, ce qui traduit une campagne organisée plutôt qu’un incident isolé.
Le format papier retenu par les fraudeurs n’est pas un hasard : un courrier reçu par la poste conserve, aux yeux de nombreux entrepreneurs, une forme de solennité que n’inspire plus toujours un simple email. Cette apparence de sérieux administratif, renforcée par un vocabulaire juridique et un délai de paiement bref, contribue à faire baisser la garde de destinataires par ailleurs habitués à se méfier des messages suspects reçus par voie électronique.
Ce type de courrier n’a rien à voir avec une véritable mise en demeure administrative. Il s’agit d’une tentative d’escroquerie qui exploite la méconnaissance des démarches post-immatriculation par les nouveaux entrepreneurs.
Comment reconnaître ce faux courrier
Les documents examinés par Signal-Arnaques présentent des numéros SIREN incohérents avec les informations réelles de l’entreprise destinataire, ainsi qu’un QR code renvoyant vers un site internet suspect. Deux noms de domaine, dgcffg.fr et dgaro.fr, ont été identifiés comme hébergés chez le même prestataire, ce qui confirme le caractère coordonné de la fraude. Le montant réclamé, 234,17 euros, ainsi que la formulation du courrier, restent quasiment identiques d’un témoignage à l’autre : seuls les noms des entreprises et les numéros SIRET diffèrent, ce qui trahit un modèle de courrier généré en masse.
Ce niveau d’industrialisation, un même gabarit de document réutilisé à grande échelle, avec un montant fixe et un numéro de dossier standardisé, distingue nettement cette campagne d’une simple tentative isolée. Il suggère au contraire une opération organisée, capable de cibler en quelques jours plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’entreprises nouvellement créées partout en France.
Une méthode déjà connue, mais renouvelée
Cette arnaque s’inscrit dans une lignée déjà identifiée par les chambres de commerce et la DGCCRF : celle des faux courriers d’enregistrement adressés aux entreprises quelques jours à quelques semaines après leur immatriculation au registre national des entreprises. Les fraudeurs récupèrent les informations publiques disponibles sur le Registre National des Entreprises tenu par l’INPI (nom, forme juridique, SIREN, SIRET, adresse, date de création), puis les intègrent dans un courrier à l’apparence officielle, souvent assorti d’un délai de règlement très court pour empêcher toute vérification approfondie de la part du destinataire.
Pourquoi les nouveaux entrepreneurs sont une cible privilégiée
Un créateur d’entreprise reçoit, dans les semaines suivant son immatriculation, un grand nombre de courriers administratifs légitimes : confirmation Urssaf, affiliation à une caisse de retraite, informations fiscales diverses. Cette avalanche de démarches réelles rend plus difficile la distinction avec un faux courrier bien imité, d’autant que celui-ci arrive au moment précis où l’entrepreneur s’attend encore à recevoir des documents officiels liés à la création de sa structure. Les escrocs misent précisément sur cette période de vigilance affaiblie pour maximiser leurs chances d’obtenir un paiement rapide.
Les bons réflexes à adopter face à ce type de courrier
Aucun organisme officiel ne réclame de règlement via un QR code personnel figurant sur un courrier papier, ni ne menace d’une sanction immédiate en cas de non-paiement sous quelques jours. Avant tout règlement, il est recommandé de vérifier l’existence légale de l’organisme mentionné sur le courrier, de comparer le numéro SIREN indiqué avec celui réellement attribué à son entreprise (consultable sur le site de l’INPI ou d’Infogreffe), et de ne jamais scanner le QR code figurant sur le document. En cas de doute, conserver le courrier comme preuve et le signaler via la plateforme SignalConso permet d’alimenter les investigations en cours et d’aider d’autres entrepreneurs à éviter le même piège.
Un appel rapide à sa chambre de commerce, à son expert-comptable ou à son avocat, avant tout paiement, suffit généralement à lever le doute en quelques minutes. Ce réflexe simple, encore trop rarement adopté par les entrepreneurs isolés dans les premières semaines de leur activité, reste la meilleure protection contre ce type de fraude bien rodée.
Ce que cela signifie pour les cabinets qui accompagnent des entrepreneurs
Les experts-comptables, les avocats en droit des affaires et les organismes d’accompagnement à la création d’entreprise sont souvent les premiers interlocuteurs sollicités par un client inquiet à réception d’un tel courrier. Prendre le temps de rassurer rapidement un client, sans le laisser dans l’incertitude plusieurs jours, fait souvent la différence entre un simple signalement et un paiement effectué dans la précipitation. C’est le type de réactivité que l’accueil téléphonique externalisé de SmilyCall permet de préserver, en garantissant qu’un client inquiet obtienne rapidement une réponse ou un rendez-vous, même lorsque le cabinet est indisponible sur le moment.
Sources
- Signal-Arnaques, Flash Arnaques du 28 août 2026 (actualité des arnaques)
- Signal-Arnaques, fiche de signalement individuelle (DGARO)
- lamicrobyflo.fr, « Arnaque RNE : le faux courrier d’immatriculation »
- legalneo.fr, « Courrier d’identification légale : pub ou arnaque ? »
- croissance-mag.com, « Courriers d’Identification Légale : Est-ce une Arnaque ? »
- jedeclaremonmeuble.com, « Registre numérique des entreprises : arnaque LMNP »
- comptagesma.com, « Arnaques Entreprises : immatriculations et formalités »


